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Le Socratisme de Montaigne

Colloque international organisé par l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (Université Jean Moulin- Lyon III)

mercredi 15 octobre 2008, par Blandine Perona

Colloque international organisé par
l’Institut de Recherches Philosophiques
de Lyon
(Université Jean Moulin-Lyon 3).
Avec la participation du Collège
International de Philosophie,
du PPF-Histoire de la philosophie,
du CPER Ville/Italie, du Collège
International de Philosophie,
du Conseil Général du Rhône
et du Conseil Régional Rhône-Alpes.
Direction :
Thierry Gontier et Suzel Mayer.
Comité scientifique :
Philippe Desan, Louis-André Dorion,
Pierre Magnard, Nicola Panichi, Pierre Servet.

La vénération que Montaigne porte à Socrate ne fait qu’augmenter au fur et à mesure de la
rédaction des Essais. Loin cependant de participer à la célébration de « Saint Socrate »
(Érasme) à l’entendement « plus qu’humain » (Rabelais), il débarrasse le personnage de
Socrate des scories métaphysiques dont l’avaient revêtu les penseurs renaissants, pour faire
de lui un parangon d’humanité.
Outre le personnage de Socrate, Montaigne réinvente l’« idéal » socratique, un idéal qui se traduit par une nouvelle relation du savoir à la vie humaine. La nescience socratique est réinterprétée à travers un schème pyrrhonien : mais le Pyrrhon de Montaigne, qui ne connaît ni l’indifférence, ni la suspension du jugement, ni l’absence de trouble, n’est-il pas en retour
profondément socratique ? Par un déplacement similaire, le gnosce te ipsum socratique
devient chez Montaigne une expérience d’un « moi » singulier, éprouvé tant dans l’essai du
jugement que dans expérience de la finité du corps. Enfin, le savoir socratique, au contraire du
savoir « doctrinal », entretient l’inquisition au lieu de la clore, restant ainsi ouvert sur la vie de
l’esprit.
Ce nouveau rapport au savoir engage enfin un nouveau rapport à la sagesse. Socrate opère la
synthèse entre la sagesse stoïcienne, faite d’effort et de raideur, et la sagesse pour ainsi dire
« spontanée » du cannibale ou du paysan, voire de l’animal. Cette synthèse entre préméditation et impréméditation, entre exercice de soi et insouciance, culmine dans la meditatio mortis qui constitue le sens le plus fondamental de l’essai montaigniste. Retrouver par l’effort de
la vertu la spontanéité perdue de notre nature : c’est peut-être là le mot ultime de la philosophie morale des Essais.
Notre colloque visera à définir ce nouveau socratisme, en s’interrogeant à la fois sur son originalité par rapport aux traditions antérieures et sur son caractère fondateur pour la modernité : le socratisme de Montaigne n’est-il pas aussi, en quelque façon, le nôtre ? Et n’est-ce pas avec
Montaigne que Socrate devient la figure tutélaire de la philosophie ?

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